dimanche 10 décembre 2017

Hommage - Roger Hargreaves

Qui ne connaît pas la série des Monsieur Madame ? Quitte à rendre hommage à Roger Hargreaves (né en 1935 et mort en 1988), dont le concept tout à la fois simple et génial, agrémenté de dessins au style reconnaissable entre mille, a marqué les existences de plusieurs générations d'enfants au regard encore innocent depuis sa création en 1971, je me suis dit qu'il serait bon d'ajouter un personnage à la liste déjà fort longue des créatures qui peuplent son univers enfantin. Quelque chose qui soit dans l'air du temps...

dimanche 26 novembre 2017

Histoires cochonnes - Tome 4



Oyez, oyez ! 

Chers cochons, chères cochonnes, la quatrième saison de vos vignettes porcines préférées est enfin disponible au format papier ! 

Au programme, toujours autant de calembours douteux, d'humour gras et de personnages grotesques au groin protubérant, mais aussi des hommages irrévérencieux à quelques artistes qui ont, d'une manière ou d'une autre, influencé le style des Histoires cochonnes. En bonus, quelques strips inédits, rien que pour vous !

N'est-ce pas là le cadeau idéal pour les fêtes de fin d'année ? (Bon, c'est vrai, je vous pousse à la consommation, mais en même temps, c'est le seul moyen que j'ai de financer mes créations, étant donné que mon aversion pour la publicité me pousse encore à refuser pour l'instant de mettre de la publicité sur ce blog...)

Quoi qu'il en soit, n'oubliez pas que tout est bon, dans le cochon, et comme je suis particulièrement fier de ce dernier tome, je ne puis que vous recommander de le commander !

Que le porc soit avec vous !



dimanche 19 novembre 2017

Hommage - Hans Ruedi Giger et Giuseppe Arcimboldo

Pourquoi mélanger le style biomécanique de Giger (artiste suisse né en 1940 et mort en 2014), le père des créatures cauchemardesques qui peuplent le film Alien, de Ridley Scott, avec celui d'Arcimboldo (peintre italien né en 1527 et mort en 1593), dont les créations grotesques ont marqué les esprits par l'aspect loufoque de ses portraits, pour la plupart réalisés de profil, avec des fruits, des légumes et des objets de la vie quotidienne ? Eh bien, pourquoi pas ? Au fond, ces mélanges surréalistes auxquels procédaient ces deux génies géniaux nous rappellent à quel point l'homme est le fruit (c'est là le mot juste) de son environnement, un environnement qu'il a lui-même considérablement modifié depuis son apparition sur Terre et qui, à son tour, comme dans les films de David Cronenberg, le transforme en profondeur.

dimanche 5 novembre 2017

Hommage - Ube Eert Iwerks


Ube Eert Iwerks. Ce nom ne vous dit rien, n'est-ce pas ? Et pourtant, c'est lui qui, en 1928, créa Mickey Mouse, le personnage emblématique des studios d'animation de son ami Walt Disney. Ce dernier refusait cependant que les créateurs qui travaillaient pour lui signassent (qu'on me pardonne ici ce subjonctif fort imparfait) de leur nom les œuvres qu'ils produisaient au sein de son entreprise, afin bien évidemment de promouvoir celle-ci. Voilà probablement l'une des raisons pour lesquelles nul ne connaît le nom d'Ube Eert Iwerks, en sus de la difficulté que d'aucun pourrait facilement éprouver à sa lecture.

A la vue de ma vignette, vous serez néanmoins certainement tentés, chers lecteurs, de penser qu'il s'agit là moins d'un hommage au créateur de Mickey Mouse que d'une critique à l'endroit de l'entreprise qui génère tant de profits sur son dos depuis la première moitié du vingtième siècle. Et vous n'auriez probablement pas tort. Quoi qu'il en soit, je tenais avant tout à m'amuser un peu avec ce personnage dont j'affectionne particulièrement l'aspect visuel et dont les dessins animés bercèrent, je suppose, bon nombre d'enfances autres que la mienne.

dimanche 22 octobre 2017

Hommage - Matt Groening

Avant de créer les désormais plus que célèbres Simpson, Matt Groening réglait ses comptes et régalait ses lecteurs (eh oui, ses lecteurs !) de strips désenchantés, cyniques et décalés, dans une série intitulée Life is Hell, que l'auteur publiait lui-même à ses débuts en 1977 (il n'y mit fin qu'en 2012). Beaucoup plus personnels et d'un niveau intellectuel nettement plus élevé que Les Simpson, ces strips sont marqués tout à la fois par la patte graphique de l'auteur, simplissime en apparence, caricaturale et très enfantine, et la profondeur des réflexions qui les traversent et saturent des cases parfois difficiles à lire tant il y a de bulles, de notes et de commentaires, à tel point qu'on a souvent l'impression de lire un journal intime. Et c'est probablement le but. C'est d'ailleurs là que réside selon moi tout l'intérêt de la chose. Matt Groening, quel que soit le sujet (la vie, l'amour, le travail, l'école ou l'enfance), touche souvent juste et son humour grinçant, s'il peut faire sourire, semble néanmoins avoir pour objectif principal de ramener son lecteur face à lui-même, de l'obliger à prendre de la distance et de le faire s'interroger sur le monde dans lequel il évolue, les êtres humains et, surtout, sa propre existence.

lundi 9 octobre 2017

Hommage - Grant Wood


American Gothic est probablement l'un des tableaux américains les plus connus aujourd'hui, au même titre que les peintures d'Edward Hopper. Lorsque Grant Wood décide en 1930 de peindre ce couple de paysans austères debout devant leur demeure néogothique - j'ai découvert il y a peu qu'il s'agissait en réalité d'un père et de sa fille mais ai décidé pour mon strip d'en rester à ma première impression -, l'Amérique est alors en pleine crise économique et les critiques en proposeront bon nombre d'interprétations, parfois contradictoires mais toujours en rapport avec leur temps. S'agit-il d'une satire de la société rurale américaine ou bien d'un hommage à cette dernière, avec ses traditions, ses valeurs et la dureté des caractères qui s'y forgent à la fourche comme au fourneau ? Cette famille est-elle en deuil, comme semblent le suggérer les rideaux fermés à l'étage en pleine journée (c'était la coutume à l'époque de l'Amérique victorienne), ou bien le peintre a-t-il décidé de faire le portrait symbolique d'une Amérique endeuillée par la perte de ses racines ?

Peu m'importe, au fond. J'aime ces visages durs au regard froid, cette maison sombre et sobre, ces couleurs ternes et cette composition dépouillée qui rend compte de la simplicité d'un temps tout à la fois plus simple et moins souple que le nôtre, où les vies humaines se réduisaient encore à l'essentiel. Et s'agissant d'agriculture, comment pouvais-je résister à la tentation d'y fourrer mes porcs et de détourner le tout par l'ajout des quelques cochonneries dont je suis désormais coutumier ? Quant à l'interprétation de mon interprétation de l'interprétation de Grant Wood, je suppose qu'on pourra toujours me reprocher le fait qu'on ne sache pas si c'est du lard ou du cochon. Et, comme vous pouvez vous en douter, je m'en accommoderait fort bien !

samedi 23 septembre 2017

Hommage - Vanitas

Quand on parodie une oeuvre, c'est en général une oeuvre qu'on apprécie. Cette vignette ne déroge pas à la règle, qui reprend le tableau de Philippe de Champaigne intitulé Vanitas. Réalisé en 1671, ce dernier,  sous-titré "Allégorie de la vie humaine", s'inscrit dans la tradition dite du Memento mori, un genre artistique dont le nom latin signifie "Rappelle-toi que tu vas mourir" et qui semble se donner pour but de faire prendre conscience aux hommes de la vanité de toute entreprise terrestre, la mort rendant futiles richesse et réussite, au même titre qu'échec et pauvreté, qui perdent toute valeur au jour de notre trépas.

Dans son tableau, Philippe de Champaigne juxtapose de manière symétrique une tulipe, un crâne et un sablier, faisant ainsi le portrait symbolique d'une humanité définie par une vie fragile (la tulipe, dont un pétale commence déjà de s'incliner, manifestant ainsi le début du déclin) menacée par le passage inexorable du temps (le sablier), qui l'oblige à faire face à la peur qui la fonde, celle de la mort, le regard du spectateur ne pouvant éviter de s'enfoncer dans les orbites creuses du crâne situé au centre de l'oeuvre (et que j'ai malicieusement remplacé par un champignon). L'aspect épuré de cette peinture empêche toute distraction. Nous sommes donc, seul face à nous-mêmes (une impression de solitude infinie me prend à la vue de cette tablette dépouillée sur fond noir, baignée d'une lumière terne et froide), amenés à nous interroger sur notre propre rapport à la mort et, par la même occasion, songer qu'au fond nous n'avons pas de raison d'accorder tant d'importance à ces petites choses qui rendent parfois le monde matériel si compliqué.

La prise de conscience de la mort, les angoisses nées de cette dernière et sa conceptualisation sont selon moi ce qui fonde toute civilisation, ce que toute création humaine, d'une manière ou d'une autre, nous rappelle : nos innombrables sépultures, les pyramides et le Taj Mahal sont autant d'exemples de l'importance que revêt à nos yeux cette transition de la matière organique qui nous constitue d'un état à un autre, dont nous ne savons pas grand-chose mais dont nous connaissons avec certitude la fatalité. Cette impossibilité de savoir, doublée de la contradiction qui consiste pour l'homme à lutter pour survivre tout en sachant très bien qu'il mourra, engendre en lui comme une faille, un gouffre où s'engouffre son imaginaire, qui n'a jamais eu de cesse de le combler d'images et d'idées, de concepts et de conceptions, de projets et de projections, dans le but unique de se rassurer, autrement dit de se donner l'illusion de contrôle ce qui pourtant lui échappe (le cauchemar n'est-il pas, lui aussi, paradoxalement, le moyen que trouve l'enfant de combattre sa peur du noir ?). Dans 2001, L'Odyssée de l'espace (1968), Stanley Kubrick matérialise cette recherche de maîtrise sous la forme d'un monolithe noir dont la géométrie parfaite donne forme à l'informe, et l'impalpable de devenir palpable - en apparence - par le truchement d'une stèle géante.

samedi 9 septembre 2017

Hommage - Auguste Rodin

Pourquoi Le Penseur, cette célèbre statue créée par Auguste Rodin en 1882 et qui devait à l'origine illustrer l'un des épisodes de La Divine comédie de Dante, me parle-t-il tant ? Ce poète aux portes de l'Enfer devenu plus modestement et plus universellement penseur dans sa version finale, avec son corps musclé, sa position de méditation métaphysique savamment calculée, son regard plongé dans les méandres de son labyrinthe intérieur et l'impression générale de repli sur soi qu'il donne à voir tout en se dérobant au regard du spectateur, ce philosophe solitaire, disais-je, imperturbable et dénudé, symbole selon moi d'un rapport honnête et simple au monde ainsi qu'à soi, fonctionne tout à la fois comme un miroir et, par conséquent, comme une invitation directe à la réflexion.

Connaissance de soi, silence et solitude sont les clefs du savoir et de la vérité. En quête de sens, ne nous laissons pas divertir. Restons concentrés, comme ce penseur, débarrassé des oripeaux du monde moderne, où l'âme se meurt de ne plus pouvoir respirer, prisonnière du bruit, d'une matérialité délétère et d'idées qui ne sont pas les siennes. Esprit sain dans un corps sain, le penseur poursuit sa voie, sans pour autant nous inviter à le suivre. Ce qui l'entoure, en effet, semble lui être indifférent. Nous sommes donc libres. Libres d'interpréter à notre guise sa prise de position (dans tous les sens de l'expression), de l'admirer et d'adhérer ou non au message qu'il peut à son insu nous faire passer et qui ne saurait être autre chose qu'une projection. Et si cette statue nous interroge, notamment sur notre propre nature, il se pourrait également qu'elle nous apporte une réponse sous forme de définition : l'homme est au fond le miracle par lequel la matière est devenue consciente d'être.

En ce qui me concerne, ce penseur me rappelle surtout quelqu'un que j'ai la prétention de connaître plutôt bien : moi-même. Réfléchissant à tout vingt-quatre heures sur vingt-quatre depuis que je suis en âge de le faire, je n'ai de répit que dans mon sommeil et recherche activement, et ce de manière vitale depuis mon entrée dans le monde du travail salarié, ces moments de retrouvailles avec moi-même qui me permettent de prendre le recul nécessaire pour analyser, encore et encore, ce qui m'obsède, me travaille ou me fascine, ou tout simplement rêver et m'adonner à l'une de mes occupations favorites : la création sous toutes ses formes.

Et vous, que vous inspire ce penseur salutaire ?